La passion de Benoît Poulet


Quel jour de la semaine se repose-t-il? Pas le dimanche, son jour du Seigneur, quand son auberge tourne à plein. Ni le samedi, quand il vend ses fruits et légumes au carré des producteurs, cours Saleya à Nice, avant de remonter faire la cuisine au village. Ni le mardi, ni le jeudi, jours de marché à Valberg ou Roquestéron. Ni lesautres jours, tout à son exploitation « bio » sur le plateau en contrebas de La Penne. Benoît Poulet n'arrête jamais ! Il cuisine, il cultive, il vend, puis il cuisine, puis...
Et les clients aiment çà ! Ils montent jusqu'à ce beau village perché, entre vallées du Var et de l'Estéron, découvrent l'auberge près de l'église où les attend Benoît Poulet, l'enfant de Contes qui a travaillé à Londres, Los Angeles puis Bordeaux, où il tint bonnetable pendant sept ans. Copain de Franck Cerutti, qui oublie les ors du « Louis XV » à Monaco pour partager avec lui parties de chasseet sorties aux champignons, il était déjà aux fourneaux il y a vingt ans dans ce qui était alors l'auberge communale.
Aujourd'hui , avec Maria son épouse, il mène de front l'agriculture biologique et vie d'aubergiste. Un menu unique contient passion, talent, bons produits, idées simples.


Bon et sincère

Un dimanche de mai, on débusqua de délicats raviolis à la ricotta de brebis, tomates confites et pointes d'asperges , un risotto de langoustines, artichauts et brochette de petits légumes, le carré d'agneau rôti et des petits farcis parmi les meilleurs qu'on ait goûtés, le fil et de truite saumonnée des gorges du Cians, févettes et citron. Tout bon ! Et délicieux encore, dignes d'une table plus huppée, le gratin de fraises et sabayon , l'épatant nougat glacé aux pignons et amandes, le fondant au chocolat. Du goût, de la générosité , de la tenue, quand tant d'auberges résument leurs menus  dominicaux à la daube-raviolis. Une cuisine sincère, une fraîcheur, un sacerdoce en famille (en salle, Maria, parfois leurs filles Blandine et Camille, en cuisine Eugénie et la soeur de Benoît). Dommage, la carte des vins n'est pas à la hauteur et musarde entre Bordeaux, Bourgogne et Provence , où on retien t le Château la Moutète (Cuers). Enfin, on aimerait le décor, passe-partout rustique, bien plus pimpant. A quand une terrasse aménagée, entre le restaurant et l'église? Ne peut-on aider l'enthousiaste aubergiste? Qu'en dit le village, le maire, le président de la République...? Enfin, les habitués s'habituent et, tout à leur assiette, votent Benoît Poulet !

Jacques GANTlÉ. Photo R;Ray ©Nice-Matin


" Auberge de La Penne "

à La Penne.

Tél. : 04.93.05.09.81. et 06.22.44.52.18.

Ouvert tous les midis en juillet-août et le soir sur réservation.
Ouvert le samedi soir et le dimanche midi toute l'année.

Menu 29 €.

Premier vin 15 € (pichet 50 cl, 5 euros).

7 chambres, 30 euros.