Les commanditaires surent mettre à profit le savoir-faire des artisans italiens mais il faut probablement inclure ici le renfort des maçons de la localité. Le village est remodelé à cette occasion et les deux églises de l’agglomération recevront leur clocher. En essayant de situer dans le temps les principales réalisations de particuliers, on obtient le résultat suivant :


1 ) - Le marquis Joseph Durand est le premier demandeur d’une rénovation qui a donné le Pavillon actuel approximativement entre 1870 et 1875, sachant qu’elle fut conduite par une équipe spécifique, celle des Tomasi. Néanmoins trois maçons qualifiés pour une aussi grande bâtisse et s’ils doivent utiliser au mieux leur capacité, sous-entend une assistance de manœuvres pour l’acheminement et la manutention des matériaux, la construction et la maintenance des échafaudages, etc... En matière d’approvisionnement, le matériau le plus recherché était certainement la pierre de construction, celle d’origine locale étant de mauvaise qualité et impropre à une taille précise et régulière. Ceci est valable pour les autres constructions.

Cette demeure a été restaurée récemment par ses nouveaux propriétaires. Ces derniers vous proposent à la location cette somptueuse résidence,  ex-propriété du Marquis Durand de La Penne. Pour toute information : www.lapenne.com


2 ) - Le maître du Collet, sans doute Jean-Baptiste Blanc le fils du patriarche Joseph entreprend à son tour l’agrandissement de sa résidence secondaire en accolant un second corps de bâtiment à l’ancien pigeonnier. Dans un style très voisin de celui du Pavillon, il dût suivre de peu le modèle précurseur.

3 ) - La rénovation de Bourfiers marque un tournant sinon dans le style ou la conception qui demeurent simples, mais par le choix de certains matériaux. C’est l’arrivée de nouvelles tuiles dites « mécaniques », plates et rigoureusement standardisées. Elles permettaient une couverture rapide sur une charpente allégée car supportant un poids total réduit de moitié par rapport à un habillage classique de tuiles « canal ». Cette nouveauté situerait les travaux dans les années 1880 donc sous l’égide du fils Eugène Auquier. Le bâtiment a été conçu en deux niveaux, celui du bas presque entièrement réservé à la famille du fermier, celui du haut étant aménagé en appartement bourgeois pour le propriétaire.

4 ) - et 5 ) - Le dernier rénovateur pennois notable fut César II Conil dit « l’Ancien maire » (de 1896 à 1925). Ayant peu à peu repris l’essentiel des biens fonciers de son cousin germain Alexandre en difficulté, il fut en mesure de transformer deux grandes bâtisses. D’abord la Remise en bordure de la récente « nationale » est caractéristique de cette période charnière 1880-1890, avec sa toiture de tuiles mécaniques, tandis que sa façade de teinte rose vénitien rappelle à l’identique celles du Pavillon et du Collet. Ensuite mais nettement plus tard dans les deux premières décennies de notre siècle, il reconstitue presque entièrement une ancienne maison-forte au centre du village, ne conservant que son entresol voûté. Il s’agit de la «Maison Neuve » actuellement habitée par les hoirs Conil et Bresch. L’introduction de la brique comme parement pour l’encadrement des ouvertures lui donnait un cachet très moderne pour l’époque. Sa destination était mixte et prévue pour un double usage, ferme et habitation avec une étable et grange.


- A noter aussi l’édification de clochers, adjoints à l’église paroissiale (1871) et à la chapelle du Plan, ainsi que celle d’un bâtiment scolaire, oeuvres de la Communauté parmi d’autres réalisations de l’époque d’initiatives privées.

D'après "La Penne en Val de Chanan - Essai de Généalogie - Tome II" - Claude Augier 1997-2000