Il ne faudrait pas se réjouir trop vite en dépit des résultats obtenus qui peuvent paraître des plus spectaculaires et consistants. En effet, pour un démographe non averti, un nouveau ruban routier tracé dans les règles de l’art, l’eau jaillissant des fontaines publiques, l’embellissement des maisons, une population accrue, sont des signes évidents de prospérité. Mais ils peuvent aussi être des leurres et masquer les vrais problèmes qui affectent une région de façon endémique. Certes, tout le monde doit pouvoir profiter du progrès et des avancées techniques lorsqu’elles sont bénéfiques mais elles engendrent la nécessité absolue d’un effort de maintenance pour faire fructifier l’acquit, chose qui échappe aux « grands travaux public » par nature souvent ponctuels. Ainsi un réseau routier même modernisé à souhait, demeure neutre car il facilitera les départs autant que les arrivées tout en restant très exigeant pour sa conservation et rester efficace. Faute d’entretien et d’adaptation, le réseau d’adduction d’eau dont il vient d’être question est déjà devenu obsolète et a dû céder la place à un autre, réalisé « à chaud » et pas dans les meilleures conditions. L‘agrandissement des maisons n’a en rien modifié le taux d’occupation global qui reste largement déficitaire. Enfin la démographie locale ne fut que temporairement gonflée par l’arrivée des immigrants. Si un bilan devait être établi il serait pour le moins mitigé !


En résumé, nous retiendrons qu’en cette fin du XIXème La Penne et les Pennois vécurent dans une sorte de parenthèse qui leur permis de flirter avec le progrès, grâce à un groupe de travailleurs italiens qui leur communiqua de nouvelles compétences et ne ménagea pour cela ni sa sueur ni même son sang. A part une exception, les TOMASI, ses membres et leur famille ne purent trouver matière à s’installer définitivement sur notre terroir. Ce n’est pas faute d’avoir essayé car de nombreux enfants natifs du cru en sont issus mais cette progéniture dans la mesure où elle survécut, n’a pu se fixer. Pour nous souvenir de leur passage et de l’importante contribution qu’ils ont apportée à notre patrimoine culturel, nous devions leur faire une place dans cette analyse d’une généalogie pennoise qu’ils étoffèrent pendant près d’un demi-siècle.

D'après "La Penne en Val de Chanan - Essai de Généalogie - Tome II" - Claude Augier 1997-2000