Les premiers résultats obtenus sont encourageants et permettent d’établir des filiations pour les membres de familles qui se sont développées sur La Penne, et souvent toujours représentées. Nombre d’entre nous sommes concernés à travers nos ascendances paternelles et/ou maternelles. La période étudiée liée aux seuls documents communaux, s’étend approximativement de 1750 à 1950 et couvre donc deux siècles, soit environ une dizaine de générations. Notre priorité étant plutôt d’ordre historique, 1950 a été retenue comme date limite ; charge aux intéressés de compléter jusqu’à la période actuelle qu’ils connaissent mieux que quiconque. Enfin, le lecteur ne sera pas déçu si nous ne pouvons présenter pour chaque famille, des arbres généalogiques complets intégrant tous les habitants recensés, nés et/ou décédés à La Penne ; ceci pour au moins trois raisons principales liées :

a)- à la documentation elle-même : lacunes, imprécisions, voire informations erronées, entachent les actes à certaines périodes. Les naissances sont connues depuis 1776, date respectable, mais douze années manquent : de mi-1797 à mi-1805, de 1838 à 1841. Les actes de décès ne sont disponibles qu’à partir de 1842. Le Code Civil impose aux responsables d’une localité, de signaler le décès de toute personne qui n’est pas native du lieu, au maire de la commune concernée ; or cette obligation n’a pas toujours été respectée dans le passé. De plus, le fait que les individus recevaient plusieurs noms de baptême, au lieu de servir à une meilleure identification, la compliquait parfois, si le choix et l’usage du principal prénom fluctuent avec le temps et dont la gamme est de plus, peu variée donc source de nombreux homonymes.


b)- au déplacement des familles ou des personnes : il est heureux que nos ancêtres se soient affranchis des barrières frontalières ou administratives qui, depuis longtemps et de manière aberrante, divisent cette belle entité géographique, ethnique et culturelle qu’est le Val de Chanan. De Collongues à Ascros, du Val d’Estéron au Moyen Var et parfois au-delà, ils ont su tisser des liens très étroits entre nos villages par de multiples unions conjugales. D’où un brassage des populations mais qui empêche de suivre les filiations, souvent fragmentées, à l’aide des seuls documents pennois. Il faudrait faire appel aux registres d’état civil des localités voisines et d’ailleurs, pour combler les lacunes ; c’est un travail colossal que nous ne pouvions entreprendre seul. Cependant, la présente étude peut faciliter la démarche de ceux qui seraient intéressés car elle cerne au plus près ces « solutions de continuité » et la limiterait à quelques noms ou dates qui sont précisés.


c)- au point de départ de l'étude : la compilation des archives débutant vers le milieu du XVIIIèmesiècle, nous prenons donc le « train de la vie » en marche et il est normal de se trouver en présence de plusieurs branches évoluant parallèlement pour chaque patronyme. Elles sont déjà certainement apparentées mais il faudrait pouvoir remonter plus haut dans le temps pour s’en assurer et déterminer si possible, les degrés. Les connaissances historiques acquises par ailleurs nous permettrons de le faire, mais seulement pour quelques familles.


En conséquence, toutes ces lacunes de l’information ont engendré de nombreuses difficultés mais peuvent aussi être sources d’erreurs, lesquelles, en dépit de notre vigilance, ont pu filtrer. Nous comptons sur celle du lecteur pour nous les signaler et de façon plus générale, nous comptons aussi sur ses connaissances pour compléter ce travail, considéré comme un premier essai.

La généalogie des familles envisagée d’un point de vue global, s’intègre naturellement dans l’histoire d’une contrée et à ce titre perd tout caractère confidentiel, en devenant un élément essentiel de notre patrimoine commun. A ce propos un phénomène apparaîtra qui renforce cette idée. En effet, le brassage des populations dont il a déjà été question, à la fois cause et conséquence de nombreuses unions conjugales qui s'entrecroisent, constitue un véritable « tissu familial » et il n’est pas trop fort de dire que la plupart sinon la totalité des familles pennoises sont apparentées, directement ou indirectement ; ce qui peut justifier et conforter notre désir de connaître leur histoire.

Pour rendre plus clair les inventaires qui suivent, les familles ont d’ores et déjà été classées en différents groupes et seront analysées dans l'ordre alphabétique :


  • Groupe B : familles très anciennement connues à La Penne qui ne sont plus représentées, mais peuvent encore l’être dans la région. Elles se sont intégrées dans les précédentes par de nombreux et fréquents liens matrimoniaux :
    AUTHIER | BLANC | BONHOMME |CASTEL | FABRE | HONNORE | LIONS | MAGNAN | MAIFFRET | NIEL
  • Groupe E : familles ou personnes dont l’implantation pennoise ne fut qu’éphémère pour des raisons professionnelles ou autres (instituteurs....). Elles seront simplement énumérées, avec des remarques éventuelles car certaines ont laissé leur empreinte dans l’économie ou la politique locale.

Généalogie et Histoire sont donc bien imbriquées mais nous ne pouvons pour des raisons pratiques les mener de front. Comme le titre l’indique, il sera ici essentiellement question de la première. Nous développerons dans un autre cadre (en préparation) les sujets se rapportant plus strictement à l’histoire locale. Lorsqu’ils apparaîtront, ils seront signalés dans le texte par un astérisque (*). Cependant, les deux thèmes n’étant pas facile à dissocier, nous seront parfois amenés à faire quelques digressions mais en les limitant au maximum. En préambule à l’étude de chaque famille, une analyse anthroponymique (sur l'origine du nom) sera effectuée. Enfin pour des raisons pratiques, les graphiques correspondant aux arbres généalogiques souvent très développés en dimensions, seront simplifiés et réduits au format de la page.


Enfin, par commodité nous utiliserons quelques termes techniques empruntés au vocabulaire de la généalogie. Ainsi :
- une descendance par les mâles, laquelle seule permet de perpétuer un patronyme, est dite agnatique ;
- une descendance par les femmes est dite par entage, car « ente » est synonyme de « greffe » et une fille en se mariant vient se « greffer » sur une nouvelle famille. Elle ne communique pas son patronyme à sa descendance mais lui amène néanmoins son sang, qu’il convient de suivre à travers une parentèle où évoluent parallèlement, la lignée ou tige agnatique d’origine et les lignées par entage d’accueil successives, l’ensemble définissant les liens de consanguinité qui peuvent se dessiner entre diverses familles.


[EDIT 2008]
    Cette étude a été réalisée par Claude Augier, aujourd'hui décédé. Il commença vers 1988 un long et minutieux travail d'enquête, auprès des services administratifs et des institutions religieuses, dans les bibliothèques, aux archives, dans les offices notariales, tout en consultant témoins et historiens. Il consulta et archiva ainsi plusieurs milliers de documents et d'actes. Vers 1996 il entreprit alors la rédaction de cet essai généalogique, reliant entre elles les informations collectées. Son objectif principal était de conserver la mémoire des hommes et des femmes ayant fait et vécu La Penne, depuis l' origine du village jusqu'à aujourd'hui. Il maintînt à jour son travail jusqu'à l'été 2002, tant que sa santé le lui permettait.

    Originellement cet essai a été imprimé en 1997 en faible série, avec des méthodes "artisanales". Une seconde version sortit en 2000, incluant quelques précisions et les mises à jour d'Etat Civil survenues entre 1996 et 2000. L'édition "papier" présente cependant quelques limites pour ce genre d'ouvrage, notamment au niveau de l'actualisation ou de la distribution.

    Afin de poursuivre le travail entrepris par Claude Augier et donc de préserver la mémoire des familles pennoises, son fils Frédéric propose de publier cet essai de généalogie sous forme numérique. Il devient ainsi consultable en ligne par tous sur ce site (www.lapenne.fr) et sa mise à jour se fera de manière permanente. Cependant, le travail de numérisation des données, de leur actualisation et de leur implémentation dans une base de données pour en permettre la consultation nécessite du temps. Il ne sera achevé que dans quelques mois. La généalogie de certaines familles est déjà consultable, les autres familles seront publiées dès qu'elles auront été traitées.