Le nom s’est formé par étapes. Il vient de AMISIEU déjà connu tel quel dans les vallées de la rive gauche du Moyen Var au XVIIIème siècle et lui-même issu de AMADIEU ou AMIDIEU (voir Amadeus Mozart !), surnom/nom de baptême médiéval signifiant « qui aime Dieu » ; probablement de façon suffisamment ostentatoire pour être remarquée et donnée en épithète. Dans le champ limité de l’investigation pennoise des individus du nom d’AMISION apparaissent se concentrant en deux foyers. Le premier et plus ancien celui d’Ascros, se fait connaître à l’orée du XIXème et le second celui de Saint-Pierre, seulement à la fin de ce siècle (Pl. 1). Mais il est certain que les deux branches qui en résultent sont interconnectées vu la singularité du patronyme dans notre région.

La branche ascrossoise est conduite par JEAN LOUIS (AS v.1800-) et son épouse Marguerite GASTAUD. Puis par leur fils CHRISTOPHE (AS1822-LP1880) aussi marié à une GASTAUD, Pauline. Enfin une ramification s’amorce surtout grâce au fils aîné de ce dernier couple lequel s’installe comme fermier à La Penne. Il s’agit de : - JOSEPH HIPPOLYTE (AS1852-) qui convolera deux fois. Sa première épouse originaire de Saint-Pierre, Marie Mélanie DROGOUL (SP1853-1876) mourut à 23 ans en donnant la vie à Antoinette Christine qui ne lui survécut que de neuf années. Joseph se remaria avec sa belle-soeur Antoinette Joséphine DROGOUL (v.1859-) native elle, de La Rochette. Elle ne lui donna que des filles, stoppant ainsi les possibilités de maintien sinon de développement, pour cette famille sur leur nouvelle terre d’élection. Les frères de Joseph ne furent pas plus heureux dans leur tentative. A noter le prénom rare de « DALMAS » porté par le cadet, bien entendu pour honorer le saint du Selvage ou « Borgo », mais pas fait pour simplifier les problèmes d’homonymie dans nos secteurs. Quant au puîné CESARIN AUGUSTE (AS1854-) il épousa Marie Joséphine DAUMAS (1862-). Elle appartient à l’arborescence qui contient déjà les DAUMAS de l’Arène dont Camille l’épouse de Georges BRESCH et Rosine Clarisse, l’épouse de Michel DROGOUL frère de Théophile, le père de Simone GONDRAN et ses soeurs. Cependant ce début de rameau collatéral est sans suite car le couple en question n’aura qu’une fille. En résumé, le parcours pennois de cette branche enracinée à Ascros est un exemple type du chassé-croisé opéré par les familles du Val de Chanan dans leur développement. Il implique ici quatre villages en dépit de la frontière qui en principe, séparait Ascros et La Penne d’une part, Saint-Pierre et La Rochette d’autre part, illustrant ainsi son très faible impact politique.

La branche saint-pierraise s’investit encore moins dans notre commune tout en y obtenant des résultats plus probants. Ceci est dû au fait qu’un de ses deux auteurs, RENE (SP v.1900-) choisit comme épouse Céleste Rosa Paulette DROGOUL d’une des plus importantes arborescences pennoises de cette famille. En effet, Céleste est la soeur de Rosalie, l’épouse de Théophile DROGOUL père de Simone GONDRAN et ses soeurs (voir précédemment). En conséquence des liens très étroits unissent les Pennois issus de DROGOUL et les AMISION de Saint-Pierre, consolidant ainsi un pont établi déjà de longue date entre les deux communes. Enfin, mentionnons l’existence d’un membre isolé pour l’instant, Caroline (1877-) l’épouse de Jacques ZUNINO scieur de long.

En conclusion, pour n’avoir qu’effleuré le domaine démographique pennois la famille AMISION y aura néanmoins laissé son empreinte. Elle prend la forme pour l’essentiel d’un apparentement de consanguinité établi avec une descendance DROGOUL, tout en resserrant nos attaches avec le plus proche village des alentours. Parmi les raisons qui peuvent être avancées pour rendre compte du non-maintien d’un patronyme à La Penne, on peut ici invoquer les progénitures essentiellement féminines.

planche 1