La définition anthroponymique a déjà été donnée à propos de l’étude de la famille Raybaud. Cette évolution de Bald « l’audacieux » s’applique à l’un des plus simples et anciens noms de baptême germano-scandinaves, en particulier dans le Sud de l’Hexagone. Son origine dans notre contrée se perd dans la nuit des temps. Bald latinisé en BAUD fut notamment et par tradition, régulièrement porté par une branche des comtes de Glandèves, en particulier celle des premiers seigneurs féodaux de Puget-Théniers.

Les BAUD sont donc omniprésents dans nombre de villages du Val de Chanan, du Val d’Estéron, des vallées du Haut et Moyen Var et de La Bléone, depuis le Haut Moyen Age. Pour notre seule contrée apparaît dès 1297, PONS qui est tenancier à La Rochette pour le comte de Provence où les Castel remplissaient aussi cette fonction. La Penne est de même très tôt concernée ; en 1343, JACQUES (Balb) est imposable sur la commune ; en 1364 c’est au tour de GUILLAUME (Baud). On saisit là avec une certaine précision l’époque de la fixation définitive du patronyme avec son orthographe moderne. Ensuite s’ouvre une longue période d’obscurité jusqu’au XVIIIème siècle, essentiellement due à une lacune de notre information. En 1700, JOSEPH et sa famille vivaient à La Rochette qui se dessine donc comme un foyer très ancien pour les BAUD. En 1708 une seule famille est mentionnée à Puget-Théniers, celle de PAULET, son frère HONORE se déclarant célibataire.

Avec les registres d’état civil pennois de la mi-XVIIIème une assez vaste floraison de membres se manifeste avec souvent une mention d’enracinement dans les villages du Val de Chanan et principalement de sa partie occidentale. Une souche pennoise se distingue d’abord conduite par l’auteur JEAN MICHEL (v.1750-). Il est l’époux d’Elisabeth DAUMAS, la soeur de Jean Joseph qui est en tête de l’arborescence descendant jusqu’à Camille épouse BRESCH. Le couple eut trois filles, Marie (1779-), Catherine (1783-), encore Catherine (1785-), la précédente étant probablement morte en bas âge. Cette dernière épousera Jean DAUMAS, l’oncle de Jean du « Serret ». De nombreux contemporains de l’auteur susdit intéressent aussi La Penne en se manifestant de façon plus ou moins isolée :

- JEAN ANGE (v.1750-) = Marie Jeanne PALLIERE. Leur fille Marguerite (v.1780-) épouse Honoré MAIFFRET en 1794 ;

- CLAUDE (v.1750-) est parrain de Claude DAUMAS en 1778 ;

- Suzanne (v.1750-) est marraine de Jean Michel JAUSSERAND en 1776 ;

- Elisabeth (v.1750-) est marraine de Marie Elisabeth BAUD en 1775 (cf. ci-après) ;

- Marie Jeanne (v.1750-) est marraine de Marie J. JOURDAN en 1789 ; - CESAR (v.1750-) est cultivateur au Pali. Son épouse Elisabeth LIONS lui donna cinq enfants dont on ignore le destin : Marie Elisabeth (1775-) filleule de la susnommée Pétronille (1776-), Marianne (1779-), ANTOINE (1780-), JEAN FRANCOIS (1782-) ;

- Marie Anne de Saint-Pierre (v.1750-) = Joseph MAIFFRET ;

- Marie Thérèse de Saint-Pierre (v.1770-+>1843) = Joseph DAUMAS ;

- Marie (v.1780-) = Jean-Baptiste HONNORE ;

- Elisabeth de La Rochette (v.1780-+>1843) = Honoré LIONS ;

- PIERRE de Saint-Pierre (v.1800-+>1825) = Eugénie BOUJAREL. Leur fille Suzanne (SP 1831-1900) épousera Jean-Baptiste CHIER. Ils deviennent ainsi les arrière-grands-parents maternels de Roger LAUTARD de La Crouette ;

- JOSEPH de Collongues (v.1820-) = Marie GARNIER. Leur fille Marie Rose (v.1843-1878) épousera Antoine LIONS ;

- Joséphine de Sallagriffon (v.1820-) = Jacques DAUMAS. Leur fille Baptistine Philomène en épousant Honoré DROGOUL, devient un ancêtre pour les familles pennoises actuelles qui en sont issues : les filles de Théophile DROGOUL (Simone = GONDRAN, ....), les BARRET, les AMISION, ... Un lien de consanguinité est ainsi établi avec les BAUD et une succession d’alliances par entage ;

- PHILIPPE de Cuébris (v.1830-) = Ursule ISNARD(I). Leur fils MARIUS (CU 1862-1884) décède célibataire ;

- Appolonie de Saint-Pierre (v.1840-) = Louis Eusèbe GIBELIN cantonnier à La Penne ;

- HONORE MATHIEU de Sallagriffon (v.1850-) = Marie ETIENNE. Leur fils JOSEPH LOUIS (SG 1878-1953) est le père de Julie Marie (SI 1903-1953) donc le grand-père maternel de notre contemporaine Josette = CATTANEO et un ancêtre pour toute sa descendance.

En résumé, depuis des temps immémoriaux la parentèle des BAUD disperse ses membres à travers le Val de Chanan. Les traces de leur passage sont profondes et fondamentales pour plusieurs familles pennoises toujours bien représentées : la descendance de Théophile DROGOUL, les BRESCH, LAUTARD et CATTANEO. L’apport des BAUD demeure donc substantiel pour le patrimoine sanguin et la généalogie de La Penne.