1 - Jean-Baptiste LIONS (1837-1870). Incorporé dans la Garde Nationale Mobile. Décédé des suites de blessures à l’hôpital d’Angers le 24 décembre 1870 ;

2 - Augustin BONHOMME (1849-1871). Incorporé au 5e de Ligne. Décédé des suites de blessures à l’hôpital de Nantes le 11 janvier 1871 ;

3 - Claude DAUMAS (1839-1871). Incorporé dans la Garde Nationale Mobile puis au 3e Dragon. Décédé des suites de blessures dans les ambulances du Mans le 9 février 1871 ;

4 - Jacques DROGOUL (1849-1871). Incorporé au 5e de Ligne puis au 48e de Ligne. Rapatrié et décédé des suites de blessures à l’hôpital de Nice le 10 avril 1871 ;

5 - Jean Marie ROMIEU (1848-1871). Incorporé dans la Garde Nationale Mobile pour la relève des troupes régulières en Afrique du Nord. Décédé des suites de blessures1 à l’hôpital de campagne de Djidjelli le 17 novembre 1871.

REMARQUES :

1 ) - GUERRE IMPERIALE : Napoléon III déclare la guerre à l’Allemagne le 19 juillet 1870. Défaite de Sedan et capitulation de Mac-Mahon le 1er septembre. Napoléon III est prisonnier.

2 ) - GUERRE REPUBLICAINE : Gambetta proclame la République le 4 septembre et s’enfuit de Paris assiégée. Toutes les armées régulières françaises sont défaites : celles de Faidherbe au Nord, de Chanzy à l’Ouest et de Bourbaki à l’Est. Gambetta crée les compagnies de « francs-tireurs ». Paris capitule le 28 janvier 1871. Thiers est nommé chef de l’Exécutif à Bordeaux. Capitulation générale de Belfort le 15 février. Traité de Francfort du 10 mai 1871 mettant fin aux hostilités. La France perd l’Alsace-Lorraine ; est imposée d’une indemnité de guerre d’un montant de 5 milliards de francs-or ; doit subir une occupation de trois ans dans l’Est.

3 ) - MOBILISATION DANS LES ALPES MARITIMES :

** 5e et 37e de Ligne : régiments d’Infanterie formés à Nice. Reçoivent les conscrits des classes 65 à 69 tirés au sort et en train d’effectuer leur service militaire de quatre ans. S’y rajoutent les réservistes rappelés des classes 61 à 64. Le premier convoi vers le front partit le 27 juillet 1870.

** Garde Nationale Mobile : constituée le 17 juillet par décret pour absorber les effectifs venant de la mobilisation générale qui touchait tous les hommes âgés de 21 à 40 ans ; anciens conscrits ou exemptés du service militaire par un tirage au sort favorable. Mal équipés et pourvus d’un armement désuet parfois absent. Beaucoup furent dispersés sur le front pour reconstituer les unités diminuées par leurs pertes. Ils finiront la guerre au coté des « volontaires garibaldiens ». Au départ, le 1er bataillon de la Garde comprenait 951 hommes venant des arrondissements de Grasse et Puget-Théniers.

4 ) - VOLONTAIRES GARIBALDIENS : Giuseppe GARIBALDI niçois de naissance, offre ses services pour défendre la jeune république à Gambetta qui les accepte. Il amenait 30.000 hommes venant de nombreux pays étrangers (jusqu’à 150 uniformes différents) avec un noyau principal et un encadrement d’Italiens ex-Sardes. Ils englobaient en plus, les volontaires niçois regroupés au sein des brigades « Chasseurs des Alpes » et « Chasseurs de la Croix » ainsi que les troupes régulières françaises rapatriées d’Afrique du Nord, les compagnies d’Alger et d’Oran associées à des contingents de volontaires à base indigène, les « francs-tireurs de Philippeville, de l’Atlas » et enfin, la « compagnie des Croissants ». GARIBALDI fut nommé « général auxiliaire » de cette armée dite « des Vosges ». Ses troupes furent équipées d’armes individuelles qu’avaient rejetées les responsables français, les fameuses carabines à répétition  Winchester celles des « Western », offertes par les U.S.A. et qui utilisaient des cartouches entièrement métalliques. Quant aux soldats français les mieux équipés, ils étaient pourvus du Chassepot, fusil à un coup tirant des cartouches à étui carton, très sensibles à l’humidité et encrassant les canons. L’artillerie française n’était pas mieux lotie, ses canons se chargeaient toujours par la bouche alors que ceux de l’adversaire se manoeuvraient déjà par la culasse.

L’héroïsme et la gloire de cette armée, ancêtre des « Brigades Internationales », furent unanimement reconnus. Elle sauva l’honneur du camp français. Ils eurent de nombreuses pertes mais en infligèrent tout autant en menant une guerre de mouvements, d’escarmouches et d’embuscades. Ces combattants ont été crédités de l’unique bataille gagnée au cours du conflit et officiellement reconnue par l’ennemi : le 23 janvier 1871, une brigade garibaldienne commandée par le fils du général, Menotti GARIBALDI, écrasait le 61e régiment Royal de Poméranie en faisant prisonnier son état-major et capturant son drapeau. Des artilleurs niçois participèrent à ce succès. Dès la fin du conflit et les traités signés, les Garibaldiens furent très rapidement dispersés ou rapatriés. Le gouvernement français craignait que la gloire acquise par ces troupes invaincues, ne réveille des démons séparatistes dans le coeur des ex-Nissards.

5 ) - BILAN EN PERTES HUMAINES : la guerre coûta à la France 120.000 tués pour un engagement initial de 350.000 hommes et à l’Allemagne, 130.000 tués sur une armée de 450.000 hommes. La contribution de notre département fut lourde :

- ville de Nice : 44 tués ;

- reste du département : 144 tués dont 5 à La Penne.

* Pourcentages des victimes ramenés aux chefs de famille potentiels ou effectifs ( population / 4 ) :

- Nice ville : 0,3 % ( 53.000 h ) ;

- reste du département : 0,3 % ( 157.000 h ) ;

- LA PENNE : 7 % ( env. 250 h ) soit un sacrifice 23 fois supérieur à celui du département. Comparaison pas très significative à l’échelle d’une petite agglomération mais bien révélatrice d’un symptôme qui affectera sa démographie.

1 - De nos jours, la plupart des blessés auraient été sauvés, mais à l’époque les produits antiseptiques efficaces n’existaient pas. Une simple blessure pouvait facilement s’infecter et déclencher la gangrène. De plus, les projectiles pour la confection des cartouches étaient en plomb pur et éclataient à l’impact. C’est ainsi qu’une blessure par balle apparemment anodine pouvait devenir mortelle à terme.