L'homme fort des Alpes Maritimes, nouveau maire de Nice et président de la CANCA était en campagne en ce lundi de Pentecôte dans les vallées du Var et de l'Estéron. C'est accompagné de son suppléant, Charles-Anges Ginésy, et par le conseiller général du canton, Robert Velay, qu'il fût accueilli en début d'après-midi par le maire du village, Danièle Raybaud. L'ancien membre des gouvernements Villepin et Fillon, un temps éloigné de sa circonscription, pris le temps de saluer personnellement la quarantaine de villageois venus à sa rencontre. L'homme était détendu et abordable, manifestement heureux de retrouver un de ces petits villages composant son fief.

Robert Velay et Danièle Raybaud prirent la parole en premier, rendant hommage au président du Conseil Général. Le premier le remerciant pour l'aide qu'il a apporté au développement du canton de Puget-Théniers, la seconde, nouvellement élue, demandant que ce soutien perdure. Christian Estrosi les remercia pour leur fidélité, les assurant que son objectif demeure la promotion des Alpes Maritimes. S'adressant à tous, il rappela que c'est notre circonscription qui lui offrit son premier mandat à l'assemblée, le 18 mai 1988, il y a 20 ans jour pour jour. Point de départ de sa carrière politique, il veut rester fidèle aux électeurs de la 5è circonscription. Qu'il soit en fonction au Conseil Général, à l'assemblée, au gouvernement il confesse avoir appuyé et développé son fief. Son bilan s'affiche dans la plaine du Var et jusqu'à La Penne : RD6202, RD6202bis, bus à 1 €, pont de Puget-Théniers, aides financières apportés aux services de santé à destination des personnes âgées, et équipements scolaires et sportifs pour les plus jeunes, subventions pour l'écoénergie ... Il promet que ce développement continuera, en respectant l'environnement. L'actualité étant l'achèvement des travaux autour de la partie basse de la RD6202 et de la traversée de Carros/Le Broc sur la RD6202bis. Suivront le déploiement d'une ligne 3 du tramway niçois jusqu'à la gare de la Tinée (sur la ligne actuelle du train des pignes) et enfin des aménagements routiers sur la partie moyenne et haute de la vallée du Var, notamment entre la Mescla et Puget-Théniers. Au niveau santé publique, en sa qualité de membre de la direction du CHU de Nice, il a permis l'acquisition de matériel de pointe. Ses efforts devraient s'accentuer dans ce domaine.

Christian Estrosi a donc fait un bilan de ses 20 ans d'élu azuréen. Le bilan d'un président de Conseil Général entreprenant, notamment en terme d'équipements routiers complexes et couteux, dans un département à la topographie difficile, entre monts et mer (NDLR : mais aussi un des départements les plus riches).

Mais il n'a pas évoqué la politique nationale, les projets qui font débat à l'assemblée, les lois qu'il sera amené à voter prochainement s'il était élu député, mandat qu'il brigue dans cette présente campagne. Pas un mot non plus sur son expérience gouvernementale, sur ses déclarations concernant l'UMP, sur ses relations avec Nicolas Sarkozy ... mais ce n'était pas le sujet. Confiant, il  conclua sa réunion par un appel à la mobilisation en sa faveur dimanche prochain, ceci afin de lui épargner la corvée (sic!) d'un second tour le jour de la fête des mère ! (Il faut préciser que les élections partielles mobilisent peu et que l'opposition, bien que candidate, en appelle à demi-mots à l'abstention. S'il ne fait aucun doute qu'il atteindra la majorité des suffrages exprimés, Christian Estrosi n'est pas certain de réunir sur son nom les 25% d'inscrits nécessaires pour une élection dès le premier tour).

Timing serré, beaucoup de villages à visiter dans la journée, la réunion fut courte. Christian Estrosi pris cependant le temps de discuter avec les pennois sur le perron de la salle polyvalente, avant de se rendre à Roquestéron. Sourire indéfectible, rien ne pouvait gâcher cette étape de campagne à la montagne sous le soleil de mai. Ni cette dame âgée affolée par le tarif du train, plus de 16€ pour un aller/retour sur Nice : "Voyez Michel Vauzelle, chère Madame, le train c'est la région et la région c'est lui !", ni cette mère d'élève ou ce jeune inquiets des coupes franches dans les effectifs de fonctionnaires au niveau national, notamment dans l'éducation ou la santé : "Je m'arrange pour que ces réductions de personnel n'affectent pas les établissements de notre département, soyez heureux de vivre dans les Alpes-Maritimes !".