Dans l'actualité -
le 16 mai 2009
La réunion pennoise pour l'élaboration de la charte du PNR
À initiative
de Bertrand Ollivier, membre de l'association Écoagir Ensemble (La
Penne), élus, associations, agriculteurs et villageois se sont réunis
ce vendredi 15 mai pour un débat sur le Parc Naturel Régional des
Préalpes d'Azur. L'objectif de cette rencontre, organisée avec
l'association des Amis du PNR, était d'établir des propositions en
vue de l'élaboration de la charte directrice de préfiguration de
ce Parc Naturel Régional.
Petit rappel : des Parcs Naturels
Régionaux ont été créés un peu partout en France depuis les
années 60. Ils regroupent des communes rurales en territoires
homogènes. Au sein de ces « régions » ils suivent une
charte assurant la promotion d'un développement local durable,
respectueux de l'environnement. Ils conseillent et financent des
projets de protection et de gestion du patrimoine naturel, s'occupent
de l'aménagement du territoire, de la culture, de la promotion des
produits locaux…
Il existe déjà 45 PNR (ex : Parc
Naturel Régional du Verdon, du Lubéron …). Ils sont financés
essentiellement par le Conseil Régional et l'Europe.
Le PNR des Préalpes d'Azur n'est encore qu'un projet, mais il est bien avancé. Il concerne 49 communes situées autour de l'Estéron et du Cheiron, dans l'arrière pays grassois mais aussi dans le Val de Chanan. Il devrait être l'un des derniers PNR créé en France. Le Syndicat Mixte de Préfiguration de ce PNR va bientôt rédiger la charte directrice du parc pour les 12 ans à venir. Les élus et délégués de ce syndicat veulent travailler en concertation avec la population et les acteurs économiques locaux. C'est pourquoi, aidés par des associations (les Amis du PNR et les Agriculteurs du PNR) ils organisent des réunions dans chaque village depuis le début de l'année. L'objectif de ces rencontres étant d'une part informer, d'autre part écouter. Informer la population concernée sur la nature d'un PNR mais surtout écouter cette population, afin d'établir une charte répondant à ses besoins, qui devienne un outil de développement et non un frein.
Bertrand Ollivier était entouré ce soir d'Alain Barbagli, actif au sein de l'Association des Amis du PNR des Préalpes d'Azur, de Roger Cornillet représentant l'Association des Agriculteurs du PNR des Préalpes d'Azur et de Daniel Dumont, notre délégué municipal au Syndicat Mixte de Préfiguration. Autour d'eux une trentaine de pennois, mais aussi des élus et des agriculteurs venus « de l'autre bout du parc » pour le défendre comme Christian Mingot de Saint Jeannet ou Pierre Fabre de La Sagne.
Après une rapide présentation des associations organisatrices, Bertrand Ollivier invita les pennois à débattre afin de permettre à Daniel Dumont d'enregistrer des propositions en vue de l'élaboration de la charte.
Quelques villageois ont d'emblée manifesté leurs craintes ou leurs réserves sur ce parc. Certains y voyaient un échelon supplémentaire de la décentralisation, coûteux et contraignant, au mieux inutile. D'autres, plus défaitistes encore, ne voyaient pas l'intérêt de promouvoir un territoire en voie de désertification ou de soutenir une agriculture difficilement viable.
A ces septiques, peut-être mal informés, les organisateurs rappelèrent qu'un Parc Régional, à ne pas confondre avec un Parc National, ne crée pas de nouvelles contraintes. Il représente seulement une aide au développement harmonieux de la région. Il a un rôle consultatif avant tout, mais il peut aussi fournir une aide matérielle et financière pour préserver le territoire, le patrimoine forestier et agricole, développer l'économie locale et ainsi éviter une désertification.
Le débat s'orienta alors plus précisément vers l'agriculture. Un propriétaire foncier, appuyé par un ancien agriculteur, estimait que notre agriculture de moyenne montagne (élevage et maraichage) n'était plus rentable et vouée à disparaître. Qu'entre le manque d'eau et les faibles marges réalisées, mieux vaut laisser ses terres en friches.
Surpris par de telles déclarations, les agriculteurs encore actifs rétorquèrent qu'ils vivaient tous très bien : l'un dans le bio, avec un circuit de distribution direct, l'autre en développant des produits novateurs, comme par exemple la spiruline, et en revisitant ses besoins. Il existe des solutions pour gérer le manque d'eau L'eau (construction de réserves, irrigation contrôlée, paillage des cultures...). Le principal frein de ces jeunes agriculteurs étant plutôt le manque de terrains lié à la pression immobilière particulièrement forte dans les Alpes Maritimes, car il semble qu'il y ait une demande d'installations de jeunes agriculteurs.
A ceux-là le PNR peut représenter un espoir : d'une part en aidant l'implantation ou le développement des cultures par l'acquisition de terres agraires abandonnées, d'autre part en finançant des équipements comme des retenues d'eau. Le PNR a aussi une mission d'urbanisme et peut limiter l'extension du bâti sur les zones fertiles et irrigables de nos montagnes et vallées. De plus, comme c'est le cas dans les autres parcs, le PNR apporte un « label » aux produits locaux et distingue ainsi leur commercialisation en terme de qualité.
Concernant la distribution au niveau local, certains villageois ont fait part de leurs difficultés à trouver les produits du terroir alors que les producteurs semblaient rencontrer des problèmes pour distribuer leur marchandise localement... une piste à explorer pour les auteurs de la charte.
En marge de l'agriculture furent rapidement abordés des sujets comme l'entretien des chemins vicinaux, l'exploitation des forêts, la restauration des restanques (faisses), ou, dans un tout autre domaine, la nécessité de déployer la fibre optique afin d'améliorer les moyens de communication.
À défaut d'avoir convaincu les sceptiques, ce débat très animé entre futurs habitants du parc aura permis aux responsables d'associations et aux délégués en charge de l'élaboration de la charte du PNR de répondre aux interrogations des pennois, de connaître les besoins des agriculteurs et de recueillir quelques propositions.
L'association Ecoagir Ensemble s'est proposée pour organiser d'autres rencontres "citoyennes" pour approfondir le débat ou aborder d'autres thèmes.Pour plus d'information sur le Parc Naturel Régional des Préalpes d'Azur, je vous invite à consulter les sites suivants :
- le site de l'association des Amis du Parc : www.amisduparc06.com
- Le site des Parcs Naturels Régionaux : www.parcs-naturels-regionaux.tm.fr
- et bien sûr lapenne.fr qui ne manquera pas de vous tenir informé de l'avancement du projet.
















Commentaires