Claude Roman, que l'on ne présente plus, a inauguré le samedi 4 juillet 2009, un point de vente situé (provisoirement) dans un local agricole dépendant de son exploitation, route du Chanan à La Penne.

Il a répondu aux questions de lapenne.fr

lapenne.fr : Claude, pourquoi avoir choisi d'ouvrir un point de vente fixe à La Penne ?

Claude Roman : Travaillant mes champs le long de la route du Chanan, je constate qu'il y a de plus en plus de passage sur cette départementale. Depuis quelques étés, certaines voitures s'arrêtent pour m'acheter courgettes, salades et autres légumes que je ramasse sous mes serres. Ce type de vente s'est encore accru l'été dernier. J'ai donc décidé de m'organiser un peu mieux afin de répondre à cette demande.

lapenne.fr : la clientèle est-elle locale ou de passage ?

Claude Roman : les deux ! Il y a les pennois, qui ont l'habitude depuis des années d'aller chercher leurs légumes frais chez mon père, les habitants des villages voisins, qui à l'occasion d'un trajet vers Puget s'arrêtent, et enfin, depuis peu, une clientèle estivale de vacanciers, français et étrangers, qui, à l'occasion d'une ballade dans l'arrière pays découvrent l'exploitation.

lapenne.fr : Est-ce suffisant pour être rentable ?

Claude Roman : à elle seule, la vente à la ferme ne pourrait suffire. Mais elle vient en complément de mon activité quotidienne sur le marché de la libération à Nice, de la vente en gros au M.I.N. et des foires. C'est un "plus" qui ne me demande pas beaucoup de travail supplémentaire.

lapenne.fr : D'où proviennent les fruits et légumes présents sur les étals ?

Claude Roman : La plupart des légumes proviennent de ma production, souvent ramassés le matin même. Mais comme je ne produits pas de fruits ni toutes les variétés de légumes, je complète en revendant la production d'autres agriculteurs, en donnant la priorité au producteurs de la région. J'ai pour cela fait toutes les démarches auprès de la Chambre de Commerce. Cela me permet aussi de me servir quotidiennement au M.I.N. pour les produits plus "exotiques".
Par contre, je sélectionne rigoureusement les fruits et légumes destinés à la revente : je rencontre l'agriculteur, je m'assure de la qualité gustative de ses produits et surtout je m'intéresse à la façon dont il travaille. Je veille à ce que, comme moi, il n'emploie pas systématiquement d'engrais chimiques, de pesticides et fongicides.

lapenne.fr : un rapide tour des étiquettes montre que vos légumes sont très bon marché.

Claude Roman : C'est normal ! Je suis producteur et je pratique la vente directe ! Je tiens un banc quotidien au marché de Nice depuis 15 ans. J'ai appris à me placer sur un secteur pourtant très concurrentiel. Concernant ma production, je l'ai au fil du temps optimisé pour ne me limiter qu'aux légumes ayant naturellement de bons rendements à La Penne. Et pour mon activité de revente, grâce au marché de la libération, j'ai de gros volumes de vente, ce qui me permet d'acheter en gros et tirer les prix vers le bas.

lapenne.fr : En revendant des produits ramassés le jour même localement, il n'y aura plus rien à la vente dès cet automne !

Claude Roman : Je cultive sous serres quelques variétés de légumes qui poussent assez tard, mais effectivement, ma production est très limitée en hiver. Il en est de même pour les fruits du pays que je revends. C'est pourquoi cette année je n'ouvre mon magasin qu'en saison estivale. Mais en cas de succès, je souhaiterais dès que possible pouvoir ouvrir plus longtemps, en diversifiant les ventes sur d'autres produits comme l'épicerie, le pain, les produits de terroir type fromages... Mais cela nécessitera par contre une nouvelle organisation car ce n'est pas mon métier premier. Il me faudra rencontrer des fournisseurs sérieux et surtout disposer d'un local aménagé de façon adéquate. D'ailleurs, le local que j'utilise est déjà peu pratique pour la vente à l'heure actuelle. Une autre solution serait de m'associer avec un professionnel de l'épicerie. J'étudierai tout cela cette automne, quand mon activité se réduira.

lapenne.fr : à propos du local de vente, pourquoi le trouvez vous peu pratique ?

Claude Roman : Il s'agit en fait de mon entrepôt. Il contient mes chambres froides ainsi que tout l'équipement nécessaire à mon exploitation agricole et à la préparation de ma marchandise. J'ai dû déménager beaucoup de matériel pour faire place aux étals. Il est de plus trop loin de la route. J'ai déposé en janvier un permis de construire pour un "vrai" magasin plus pratique en bordure de départementale (NDLR : à l'entrée du chemin agricole, à l'emplacement où se trouve le panneau d'entrée du marché paysan). Mais les services administratifs d'urbanisme ont tardé à traiter le dossier avant de soulever des problèmes concernant le parking ou l'accès aux personnes en fauteuil. Afin de ne pas rater la saison estivale, j'ai donc provisoirement aménagé le point de vente au niveau de mon entrepôt. Mais j'espère que l'année prochaine mon magasin sera sorti de terre !